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lundi 25 février 2013

Le livre de Kells

  
J'avais vu il y a quelques années « Brendan et le secret de Kells » quand le cinéma à côté de chez moi l'avait rediffusé. J'avais très envie de le revoir, surtout depuis que nous avions vu, de nos yeux, le fameux livre de Kells exposé à la bibliothèque du Trinity College à Dublin.
Le Livre de Kells est un manuscrit enluminé réalisé par des moines de culture celtique vers l'an 820. Il contient les quatre Évangiles du Nouveau Testament ainsi que des notes liminaires et explicatives.
Il existe de nombreuses théories sur son (ou ses) origine(s) mais on sait qu'il est resté pendant plusieurs années dans le monastère de Kells (à partir du XIIe siècle, voire du début du XIe siècle) qui lui a donné son nom.
« Un passage des Annales d'Ulster, pour l’année 1007, rapporte en effet que « le grand Évangéliaire de Columcille [i.e Colomba], principale relique du monde occidental, fut sournoisement dérobé en pleine nuit d’une sacristie de la grande église de pierre de Cenannas [i.e Kells] en raison de son précieux écrin ». Le manuscrit fut retrouvé quelques mois plus tard « sous un amas de terre », délesté de sa couverture décorée d’or et de pierres précieuses. Si l’on considère, comme c’est généralement le cas, que le manuscrit dont il est question est bien le Livre de Kells, il s’agit alors de la première date où l’on peut localiser avec certitude l’ouvrage à Kells. L’arrachage violent de la couverture pourrait également expliquer la perte de quelques feuilles du début et de la fin de l’ouvrage. » (Wikipédia)
C'est une œuvre d'art superbement calligraphiée et enluminée.
Il est donc aujourd'hui exposé à Dublin. La muséographie construite autour de cet ouvrage est assez complète et belle. L'ouvrage en tant que tel n'est pas contre pas vraiment mis en valeur : on rentre à 10 personnes dans une toute petite salle où il est ouvert à une page et on est forcés d'en ressortir au bout de peu de temps.

La bibliothèque du Trinity College est magnifique.


Brendan et le secret de Kells

Est un dessin animé réalisé par Tomm Moore et sorti en 2009.

Synopsis :
" C'est en Irlande au 9ème siècle, dans l'abbaye fortifiée de Kells, que vit Brendan, un jeune moine de douze ans. Avec les autres frères, Brendan aide à la construction d'une enceinte pour protéger l'abbaye des assauts réguliers des vikings. Sa rencontre avec Frère Aidan, célèbre maître enlumineur et "gardien" d'un Livre d'enluminures fabuleux mais inachevé, va l'entraîner dans de fantastiques aventures. Aidan va initier Brendan à l'art de l'enluminure pour lequel le jeune garçon révélera un talent prodigieux.  
Pour finir le livre et défiant ses propres peurs, Brendan sortira de l'abbaye pour la première fois et entrera dans la forêt enchantée où de dangereuses créatures mythiques se cachent et l'attendent. C'est là qu'il va rencontrer Aisling, la jeune enfant loup qui l'aidera tout au long de son chemin.
Brendan va-t-il réussir sa mission malgré les hordes de vikings qui se rapprochent ? Pourra t-il prouver que l'art est la meilleure fortification contre les barbares ? "

Les graphismes sont hors du commun, prenants et très beaux, à la hauteur du livre. L'histoire est agréable et intéressante historiquement. Je me suis beaucoup attachée aux personnages de Brendan, Aisling et Pangur Ban.


vendredi 24 août 2012

Total Recall(s)







Total Recall…ça me rappelle vaguement un truc…un film de science-fiction des années 90, basé sur une nouvelle de Philip K. Dick…vrai souvenir, ou réminiscence implantée dans mon cerveau? Pour en avoir le cœur net, direction le ciné, pour voir Total Recall, mémoires programmées.



Ok ok, j'arrête de me trouver des excuses, j'adore les nouvelles de Dick, et je voulais voir ce que donnait ce reboot du film de 90, librement adapté de la même nouvelle (Souvenir à vendre), mais avec une histoire légèrement différente.

Pour faire bref, sur le film en lui-même : visuellement, il est très réussi, la première partie de l’histoire est bonne, le dernier tiers horrible. Les villes sont des merveilles de dédales tridimensionnels, dans lesquels on se laisse facilement porter par une action continue et des acteurs en grande forme. Malheureusement coté histoire, c’est comme si à chaque fois que le scénariste avait un choix à faire, son boss était passé et lui avait dit « n’oublie pas, t’as pas le droit de faire un bon film, ce serait pas cool de foutre la honte à tes potes scénaristes, après, les gens vont croire qu’ils peuvent s’attendre à autre chose que des scénarios tout pourris avec de belles images quand ils vont au cinéma ». Sans compter que toutes les lois de la physiques sont passées à la moulinette, c'est assez agaçant.

Du coup, ça donne un film avec un univers très beau, très immersif, mais où on passe son temps à se dire, « aaaahh, c’est dommage, on n’est pas passé loin d’un bon film ».

Dans la foulée on a revu le premier opus, histoire de faire des comparaisons intéressantes. Entre les films mais aussi entre les époques.
Malgré des différences de scénarios importantes (pas de voyage sur Mars, un tunnel qui traverse la Terre, genre EuroTunnel, mais entre Londres et Sidney…), on trouve de nombreuses répliques reprises telle qu'elle et des clins d'oeil au premier opus mais aussi à d'autres univers marquants de la SF comme Blade Runner. Graphiquement, les splendeures de la nouvelle moûture font prendre encore une génération à un film qui visuellement avait déjà assez mal vieilli, même si les décors en papier mâché qui s'effondrent autour de Schwarzenegger peuvent avoir leur petit charme suranné. 
Il est par contre intéressant de noter que l’évolution de la version 90 à la version actuelle suit la même tendance que les Batman et les James Bond. Un univers plus réaliste, douloureux et moins onirique. Ainsi, de même que James Bond manque de se faire émasculer, saigne, grogne et salit son smoking de nos jours, de même que Batman boite, ici, le héros prend super cher pendant le film Avant, c'était des giclées de ketchup sanguinolant qui faisaient rire, maintenant, ce sont des hématomes et des plaies qui font mal. Juste un exemple, la façon dont Quaid, le héros, se départit de son tracker: le dit tracker est caché dans son nez dans la version originale, dans sa main ici…je vous laisse imaginer la suite. 

Bref, Total Recall est un film de cinéma typique de son époque : plus physique, plus beau, mais scénaristiquement moins bien travaillé, un film pour lequel une projection cinéma apporte un plus esthétique par rapport à un visionnage sur son écran d’ordinateur. Un film, je le crains, qui présage du futur de ce qui sera disponible en salle.

PS: Chronique écrite à 2 paires de pattes (Crapoto+Pangoline)

mercredi 15 août 2012

Piano forest

 Film réalisé par Masayuki Kojima, sorti en salle en juin 2009.

Shûhei Amamiya est le fils d'un grand et riche pianiste, sa famille trouve donc normal qu'il travaille dur afin de devenir aussi talentueux que son père.
Nous le découvrons dans la voiture qui l'amène dans une ville de province où sa famille va passer l'été.
Comme tout nouveau venu, l'accueil dans sa nouvelle classe est mitigé. Ses nouveaux « camarades » de classe lui proposent une étrange mise à l'épreuve : exercer son talent sur un piano caché dans la forêt. Personne jusque-là n'a réussi à en tirer un son harmonieux et pourtant on entend parfois une mélodie envoûtante s'élever des profondeurs de la forêt.
Kai, un jeune garçon intrépide issu des rues, propose à Shûhei de le suivre dans la forêt. Malgré tous ses efforts, Shûhei n'arrive pas à faire vibrer les cordes du piano. Kai prend alors sa place et le mystère se lève sur les étranges mélodies...
Les deux enfants que tant de choses opposent deviennent alors inséparables et s'affronteront lors d'un concours de piano.

Le graphisme est simple mais joli. L'intrigue est assez sommaire voire manichéenne mais non dénuée d'intérêt : opposition entre talent naturel et sacerdoce, passion et obligation... Le personnage de Kai apporte une énergie pétillante, celui de Shûhei mériterait d'être approfondi. Le tout est accompagné d'une musique qui vaut vraiment le détour (Bach, Mozart, Beethoven et Chopin).

En bref, ce n'est pas un des meilleurs mangas qu'on ai vu mais un moment agréable à passer.
Image issue de : http://www.leblogbebe.com/2009/09/17/piano-forest/

dimanche 15 juillet 2012

Mais qui est Starbuck?


Starbuck, c'est David Wosniac, un irresponsable de 42 ans atteint du syndrome de Peter pan, qui passe sa vie à tremper dans des magouilles douteuses et à trouver des solutions encore plus douteuses pour s'en sortir.
Starbuck, c'est aussi le pseudonyme d'un donneur de sperme à la semence particulièrement efficace puisqu'elle a engendré 533 enfants, arrivés à l'âge de se raser et de prendre son premier job. Et parmi eux 142 qui voudraient bien connaître la tête de ce géniteur anonyme.
Bon, cessons là le suspense, c'est la même personne.

Starbuck est un excellent remède venu du Québec dans ce juillet d'hémisphère sud. Le grand point fort du scénario c'est de prendre une idée relativement simple est d'en tirer tout le jus, sans pour autant (trop) tomber dans les clichés. Derrière la comédie aux accents canadiens, le film aborde les multiples facettes de la parentalité, de la transmission, de l'éthique médicale. Le tout est servi par des acteurs impeccables et des dialogues à tomber.

dimanche 25 septembre 2011

Melancholia

Un film de Lars Van Trier.

Synopsis : À l'occasion de leur mariage, Justine (Kirsten Dunst) et Michael (Alexander Skarsgård) donnent une somptueuse réception dans la maison de Claire (Charlotte Gainsbourg), la soeur de Justine, et de John, le très riche mari de Claire. Alors que les relations familiales se dégradent peu à peu et que le mariage tombe à l'eau, la planète Melancholia se rapproche lentement de la Terre…

Le début, avant le générique, est long, même si les images sont belles et marquantes, c'est trop long, ce qui enlève en grande partie le charme. Heureusement la suite nous a laissé une impression plus positive. Ce n'est toujours pas un film pour se remonter le moral (décidément, il faut que j'aille voir une bonne comédie !), il est sombre et pessimiste (enfin surtout pour l'espèce humaine), il met parfois mal à l'aise, comme tous les films de Lars Van Trier mais ne va pas trop loin à mon goût. Il s'ajoute aux ambiances de ses films précédents une touche de fantastique assez poétique qui change. J'ai beaucoup aimé les personnages principaux. On s’interroge sur la joie de vivre, la dépression, le tout sur un fond de fin du monde et d'influence planétaire. Mais, encore une fois, pas de grande révélation, la balance entre les deux personnalités féminines est comme souvent très manichéenne.
En bref pas dans les pires mais pas dans les meilleurs non plus et je ne suis pas déçue d'être allée le voir. 

La piel que habito

Un film de Pedro Almodovar d'après le roman Mygale de Thierry Jonquet. 
Synopsis : Depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu sauver son épouse. Douze ans après le drame, il réussit dans son laboratoire privé à cultiver cette peau : sensible aux caresses, elle constitue néanmoins une véritable cuirasse contre toute agression, tant externe qu’interne, dont est victime l’organe le plus étendu de notre corps. Pour y parvenir, le chirurgien a recours aux possibilités qu’offre la thérapie cellulaire. Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert une femme cobaye, un complice et une absence totale de scrupules. Les scrupules ne l’ont jamais étouffé, il en est tout simplement dénué. Marilia, la femme qui s’est occupée de Robert depuis le jour où il est né, est la plus fidèle des complices. Quant à la femme cobaye… 

Des personnages complexes et bien joués, fidèles au style d'Almadavar. 
Une histoire irréelle où un homme met en pratique ses désirs les plus fous. 
Une réflexion sur l'enfermement, l'identité, la folie... 
Un film qui m'a laissé une impression un peu dérangeante et glauque mais mérite d'être vu. 
Par contre n'y allez pas pour vous remonter le moral !

mercredi 3 août 2011

Troll Hunter


Voici le meilleur film dans son genre... en fait probablement le seul. La fiction-documentaire-horreur-troll. Et pour tout dire, on est sorti du film d'excellente humeur. On s'attendait à voir un film d'horreur avec des monstres norvégiens; mais on s'est vite rendu compte qu'il s'agit d'un faux documentaire; filmé à la blair witch par des étudiants en journalisme (ce qui a l'indicible avantage qu'ils savent tenir une caméra); mais on passe également par la théorie du complot ou le drame écologique. Cette mixture scandinave est, contre toute attente, drôle.

L'histoire : des journalistes en herbe suspectent un bonhomme solitaire de braconner des ours. Or cette chasse est strictement réglementée en Norvège. Lors de pitoyables tentatives d'interviews, les trois acolytes se heurtent au silence buté du chasseur qui les envoie paître. Mais les gamins sont têtus; ils décident d'observer ses habitudes, planquent un micro dans sa caravane, le filent lors de ses sorties nocturnes. C'est lors de l'une d'elles que les choses basculent. Une bête énorme et non identifiée mord l'un des étudiants et ils retrouvent leur voiture complètement défoncée. Clairement, un ours ne peut pas faire ça. Alors???



Les trolls sont connus dans la péninsule scandinave. Ces géants de silice, qui se divisent en trolls des bois et trolls des montagnes, fertilisent l'imagination de tous les petits norvégiens. Un peu comme nos garous, nos ankou, nos sorcières. Mais voilà, si ces créatures mythiques décidaient de se dégourdir les pattes en dehors des livres pour enfants, on n'en mènerait pas large.
Commençons par les quelques défauts du métrage. Effectivement, le scénario tient sur un mouchoir de poche replié mais, en fait c'est pas grave, parce que l'exercice ici est de prendre une idée simple et de l'exploiter, de la développer, aussi loin que possible et de manière originale. Ce qui conduit au deuxième défaut du film, la première demi-heure peut sembler un peu longuette.
Après, le casting est génial, surtout Hans, la chasseur bourru, sérieux et imperturbable joué par Otto Jespersen qui poursuit sa mission tout en râlant après la couverture sociale miteuse de son job de chasseur de trolls et la bureaucratie; il doit être le cousin germain d'un autre Hans, éminent chercheur tyrolien spécialiste de l'écologie du Dahut (voir ici pour en savoir plus http://www.youtube.com/watch?v=BDtvzCgPlEc ). Les effets spéciaux de Troll Hunter sont inégaux (les ours, qui ressemblent à une descente de lit), mais les effets sonores sont hallucinants. Avis spécial, si vous vous décidez a voir ce film -ce que je conseille- optez pour une salle avec une bonne balance sonore, pour profiter pleinement.
En bref, un film qui rend l'ordinaire extraordinaire et vice et versa.
et pour ceux qui veulent en savoir plus sur les mœurs de trolls : http://www.squidoo.com/troll-of-norway

mercredi 27 juillet 2011

No one knows about the persian cats.


Les chats persans sont parmi les plus chers et les plus prisés au monde. Pourtant, en Iran, dont ils sont originaires, ils sont considérés comme impurs par le régime islamiste et confinés à l'intérieur des maisons. De même qu'une jeune génération de musiciens. C'est le parallèle pertinent que fait Baham Gobadi dans son film, dont le titre français est « les chats persans ».

Ashkan et Negar sont deux jeunes musiciens qui, une fois sortis de prison, décident de partir d'Iran pour pouvoir librement s'exprimer. Pour cela, ils doivent monter un groupe, récupérer des visas et des passeports, réunir de l'argent. Les suivre dans ces quêtes au travers de Téhéran nous donne l'occasion de croiser une scène musicale underground (littéralement), de nous faufiler dans les studio d'enregistrements clandestins et de croiser toute une série de personnages haut-en-couleurs. Le film montre l'espoir de cette génération courageuse et passionnée; mais également l'urgence et l'angoisse de leur situation.
Le film lui même a été tourné sans autorisation, en 17 jours; la plupart des acteurs y jouent leur propre rôle, en commençant par les protagonistes principaux (qui forment le groupe « take it easy hospital »). Il a reçu le prix « un certain regard » du festival de Cannes, en 2009. J'ai vraiment aimé ce film poignant, drôle, intéressant, à la fois musical et politique.

mercredi 20 juillet 2011

Deux thrillers coréens



« J'ai rencontré le diable » s'apprête à sortir discrètement des salles sombres et nous donne l'occasion de nous intéresser un peu aux thrillers coréens. Comme l'explique cet article très complet, http://www.ecranlarge.com/article-details-20435.php, il y a de petits bijoux à glaner dans la péninsule asiatique.
Avec, à l'affiche, le très perturbant Choi Min-sik, ahurissant dans Old Boy (second métrage de la trilogie Vengeance de Park Chan-wook -une des plus belles claques cinématographiques de ces dix dernières années si on demande mon avis-), on pouvait attendre beaucoup de « j'ai rencontré le diable ». Hélas, cet opus a de bons ingrédients mais ne prend pas. Un tueur en série s'attaque par hasard à la petite amie d'un agent secret qui ferait passer Jack Bauer pour un enfant de coeur. Ce dernier promet de faire souffrir au moins 10 000 fois plus le psychopathe qui a découpé sa fiancée en morceaux et met au point une traque vicieuse, alliant souffrance physique et torture psychique. Seulement, il sous estime son adversaire. Un scénario très Nietzschien : doit on devenir un monstre pour en tuer un (« si tu regardes longtemps au fond de l'abîme, l'abîme regarde aussi en toi »)? La photographie est excellente et certaines scènes de bagarre (doux euphémisme) sont à couper le souffle (lieux oppressants et espaces confinés) et se vautrent littéralement dans la violence (avis : déjeuner léger avant d'aller voir le film). Le réalisateur réussi à glisser quelques sourires entre des hauts le cœur, bel exploit, ce qui fait passer les 2h20 de film. Lee Byung-hun qui joue le fiancé nihiliste est très agréable à regarder quand à Choi Min-sik, il est toujours aussi renversant. Cependant, le scénario pêche par endroit, ce qui décrédibilise l'ensemble. C'est dommage. Donc, un avis mitigé, moi j'ai pas marché.

J'ai largement préféré «Memories of murder », sorti en 2003. Ce film est certes plus lent , mais l'histoire est impeccablement ficelée et les acteurs -jusqu'au petit lampiste au fond à droite- tous excellents. En 1986, on retrouve le corps d'une jeune femme dans la campagne. Deux mois plus tard, les assassinats se multiplient. La rumeur d'un tueur en série enfle. Une équipe spéciale est mise en place alliant un flic local très old school -qui n'hésite pas à tabasser les suspects et force sur le saké- à un enquêteur spécialement dépêché de Séoul -qui aime ses chemises bien repassées et la paperasse. Un duo rat des ville-rats de champs, version policière. Mais en absence de preuves et de moyens techniques, les deux hommes commencent à douter. Ce film réaliste et amer s'inspire de faits réels. Entre 1986 et 1992, le premier tueur en série officiel de la Corée du Sud viola et tua 10 femmes dans un rayon de 2 km; la plus âgée ayant 71 ans, la plus jeune 13. Malgré les 3000 personnes interrogées et les 300 000 policiers mobilisés pour l'enquête, personne n'a jamais été inculpé pour ces crimes.

Avis aux amateurs du genre: il ne faut pas hésiter à fouiller dans le polar made in Corée, en gardant à l'esprit qu'il ne connait pas de happy end.

lundi 4 juillet 2011

Away we go

Fouillant dans les éternelles soldes de DVD, je suis tombée par hasard sur celui-ci.

Intriguée par la jaquette, j’ai lu le synopsis :
« Lorsque Burt et Verona apprennent qu'ils vont devenir parents, c'est la panique. Rien ne les retient dans la ville de province où ils habitent, et ils décident alors de partir à la recherche de l'endroit parfait où fonder leur famille. Sur leur chemin, ils rendent visite à leur famille et à de vieux amis. Certains leur paraissent fous à lier, d'autres leur donnent envie de suivre leur modèle... Mais finalement, tous vont aider à leur manière Burt et Verona à réaliser qu'ils n'ont peut être besoin que l'un de l'autre pour fonder leur foyer. »
Je pense que je n’aurais pas été si convaincue que ça si je n’avais pas regardé le réalisateur : Sam Mendes (American Beauty et Noces rebelles). Ayant beaucoup apprécié American Beauty et pas détesté Noces rebelles, j’ai laissé ma curiosité s’exprimer et l’ai ramené à la maison.
Et je n’ai pas été déçue. Le couple est vraiment attachant. Ils vivent dans une petite maison bancale perdue dans le brouillard et travaillent chez eux. Lui est un grand dadais barbu qui vend des assurances aux assureurs… ?! Et elle est une jolie métisse qui illustre des manuels de médecine. Ils ne restent dans cette maison que parce que les parents de Burt ne vivent pas loin et pourront les aider quand le bébé sera là. Mais les parents s’avèrent être plus égoïstes qu’ils ne le pensaient et décident de déménager en Europe avant même la naissance !
Un peu déçue par la fin quand même, un peu trop facile à mon goût mais bon, pourquoi pas.
En bref pas de grande révélation mais un bon moment à passer, drôle et intelligent. Et je pense que j’avais besoin de ce genre d’images en ce moment, un petit rappel de tous ces couples que je croise tous les jours au boulot et de toutes ces questions qu’on se pose sur la famille. Beaucoup plus proches de nous que Noces rebelles !

Petite anecdote (merci Wikipédia) : « Away We Go est le premier film hollywoodien à adopter des mesures se voulant écologiques pendant le tournage : tout a été fait pour réduire les émissions de CO2. Les déchets ont été réduits de moitié, des poubelles diverses ont été utilisées pour recycler, les traiteurs se sont servis de plats en céramique, lavés pour éviter les produits jetables, alors que les véhicules de tournage fonctionnaient au biodiesel ou agrodiesel. »

Tomboy


Tomboy signifie garçon manqué en anglais. C'est aussi le titre de films et de court-métrage tournés en 1912, en 1940, en 1985, en 2008 et finalement en 2011. Mais l'idée des Tomboy est plus ancienne. En 1553 on parle de « garçons bruyants » (ou turbulents) puis de femmes immodestes en 1579, pour enfin arriver à l'idée de « femmes qui agissent comme des hommes » 1592 avec le nom de Tomboy (source wikipedia). Certains assimilent à tort « Tomboys » et lesbiennes, preuve que l'on a du mal à s'affranchir du déterminisme absurde qui veut que les filles agissent d'une certaine manière, les garçons d'une autre. Il existe des lesbiennes féminines et des Tomboy hétérosexuels!

La question de l'identité est posée dans ce film. Laure passe sont temps à suivre ses parents de déménagement en déménagement. Cet été-là, elle décide, peut-être sur un coup de tête, de se faire passer pour un Mickaël auprès de ses nouveaux camarades. De là, découle tout un tas d'adaptations : comment se comporter comme un garçon, comment tenir à distance les amis et la famille, … C'est un film un peu lent et très fin. Pas de lecture de texte, pas de surenchère psycologique: il ne s'agit pas de comprendre pourquoi Laure devient Mickaël. Celle-ci vit dans une famille soudée, adore sa soeur... Il semble qu'elle joue un jeu qui prend de plus en plus d'importance. Et ça fait du bien de ne pas chercher forcément une explication à tout!

Tom boy est une immersion au coeur d'un groupe d'enfants qui s'observent, qui jouent, qui cherchent leurs marques, le temps d'un été. Les acteurs sont magnifiques et sidérants, en particulier gros coup de coeur pour la petite Jane (6 ans dans le film). J'ai surtout apprécié le fait que l'on ne se sente jamais mal à l'aise dans ce film qui traite pourtant de sujets sensibles : la quête de l'identité sexuelle et les émois des pré-adolescents.

jeudi 23 juin 2011

Vous avez les crocs?

Pour ceux qui ont des choses à faire dans la semaine qui vient, passez votre chemin. Vous reviendrez lire cette chronique quand vous serez en vacances, à la retraite ou immobilisé dans un plâtre. Par ce que True Blood est une série hautement addictive, à ranger à coté du chocolat aux noisettes entières et autres substances illégales ou surtaxées. Oui, mais c'est tellement bon. On commence innocemment un soir, parce qu'on a plus rien à regarder (fini House, how I met your mother, CSI, big bang theory...). On commence par en regarder un petit dernier, ah oui mais on ne peux pas rester comme çà.... C'est ainsi que j'ai regardé toute la saison 3 en 1 week-end sans avoir ouvert les volets (pathétique mais vrai). Et là, je suis en manque, par ce que la saison 4 ne commence que le 26 juin (sadique). Au moins, vous savez à quoi vous en tenir.

Pour vous mettre en bouche: Les japonais ont inventé un substitut au sang humain ce qui non seulement a du largement servir dans les services de trauma d'urgence mais surtout a permis aux vampires de sortir du placard, ceux ci n'étant plus obligé de tuer les humains pour se subsister. Bon, çà c'est la théorie. En pratique, certains vampires aiment toujours la chasse et se nourrir sur leurs mignons; certains humains partent en croisade fanatique pour faire griller tout ce qui a des dents un peu trop longues; et quand on découvre que le sang de vampires est une drogue régénératrice, on comprend que tout çà va finir en sucette. Dans tout ce bordel, on suit l'histoire de Sookie (interprétée par Anna Paquin déjà croisé en Malicia dans X-men), une petite serveuse aux étranges pouvoirs télépathiques, fascinée par les vampires, qui fini par tomber sous le charme blafard mais indéniable de Bill.
Pourquoi regarder True blood plutôt que Vampire diary, ou the gates? Depuis le succès international (et assez incompréhensible) de Twillight (ici le match http://www.youtube.com/watch?v=G2ENznSexo8 ), les héros aux dents longues se font légions. Toutes les chaines américaines ont leur série de vampires.
Mais voilà, c'est pas n'importe quelle chaine, c'est HBO. Cà veut dire qu'on a le droit de dire S... de dire F..., B... ou encore C... (oui oui, même C...). Ca veut dire aussi qu'on a droit à voir de beaux derrières musclés et des scènes sulfureuses à réveiller la libido d'un mort (en fait c'est un peu de çà qu'il s'agit). Et si çà flirte avec le mauvais goût (cf la scène d'ouverture du pilote), çà n'y tombe pas (trop). Ces vampires là ne brillent pas de jours et ont des instincts de prédateurs.
Pour la Lousianne, si peu mise en image dans les séries américaines, l'atmosphère des bayous, les églises gospels hystériques qui côtoient les sorciers vaudous, le white super trash, les tensions raciales.... Pourtant, on s'attache à cette communauté de Bon Temps, au bar miteux où toute la ville se croise, aux grandes maisons coloniales dont la peinture s'écaille...
Pour des personnages jubilatoires comme Lafayette, cuistot de jour, dealer la nuit, qui porte les faux cils et les pantalons de sport doré comme personne. Mais il y en a pour tous les gouts : bruns ténébreux et torturé ou grand beau suédois? A moins que vous ne préfériez le bucheron qui travaille au grand air (et coupe toujours le bois torse nu c'est bien connu). Blonde, brune, rousse? HBO s'en donne à coeur joie et transgresse les tabous. C'est la seule série où on voit un couple noir-blanc/homo/vampire-humain (ceux là ils vont galérer pour adopter).
Quand aux scénarios, s'il y a bien sûr quelques défauts ici et là (en particulier la saison 2 qui est un peu lente et des personnages de la saison 3 superflus et énervants), Alan Bell nous tient en haleine d'une main de maître.
Enfin, les musiques des génériques de fin qui sont géniales!

mercredi 25 mai 2011

Tree of life ou la vie, ses chemins et nos instants de doute




Un film de Terrence Malick est toujours un petit événement pour les cinéphiles hardcores et psychopathes du "7ème art". Et avec ce film, ils en auront pour leur argent.


Difficile de parler de ce film sans en briser la magie, Tree of Life est n'est pas un film à scénario , mais plus une réflexion sur l'amour, la vie, la foi et le deuil et comment parfois toute ces notions coexistent avec plus ou moins de succès. Le pitch? En trois lignes:



Une famille tout ce qui a de plus simple, où les deux parents s'aiment; mais ont des philosophies de vie différentes sur l’éducation de leurs trois garçons  Puis un jour le drame arrive l'un des fils meurt à 19 ans.

Cela marquera à jamais ces membres et spécialement Jack, l'ainé de la fratrie qui depuis ce jour portera en lui un vide.


Tree of life est un film empathique sur la vie des membres de cette famille, à partir de la rencontre des parents (et un peu avant aussi), leurs aspirations, leurs rêves, leurs pensées, leurs douleurs, leur foi vacillante en eux-mêmes et en Dieu, leurs doutes et leurs peurs quant aux choix qu'il font dans la vie. C'est un film-monde qui nous rappelle que les tempêtes émotionnelles, dans lesquelles nous nous perdons tous parfois, ne sont rien comparées à l’incommensurable grandeur de l'univers et sa splendeur!
Et avec tout cela, Tree of Life reste un film principalement sur l'amour et deuil.


Ce n'est pas un film facile dans le sens où c'est émotionnellement un peu violent et très contemplatif, en plus d'être long, vraiment long.

Il y a bien sur quelques petits soucis, mais ils sont plus de l'ordre des choix artistiques personnels du réalisateur que de véritables lacunes :

  • l’extrême longueur, si vous ne vous sentez pas prêt à rester 2H20 enfermé à alterner des tranches de vie d'une famille ordinaire avec de somptueux tableaux de paysages terrestres et spatiaux alors passez votre chemin.
  • une mise en scène et un scénario difficile à suivre car volontairement un peu (beaucoup?) chaotique, à l'image de la vie, une chose amène une pensée, qui amène un souvenir qui nous donne une pensée etc. Il y a pas de fil conducteur dans Tree of Life, il y a un cours d'eau que l'on suit sans savoir ou il nous mène.
  • il n'y a pas d'action, ni suspense

Quelques petits éléments à noter, d'ordre sympathique: c'est une production Europacorp, la maison de production de Luc Besson (cocorico). Le compositeur est Alexandre Desplat, compositeur francais (recocorico) qui réussit en Amérique et est très demandé depuis 2 / 3ans. Il a fait notamment la musique de Benjamin Button, de la saga Twilight, Harry Potter et les reliques de la mort et du discours d'un roi.
Les acteur sont tous bons; mention speciale pour Hunter McCracken qui joue Jack jeune (Jack vieux est joué par Sean Penn).



Maintenant allez voir ce film si vous le souhaitez, mais vous êtes prévenus

mardi 24 mai 2011

Woody, Paris et les fantasmes

Bonsoir à tous,

Après une longue période d’absence, me revoici, et en plus, pour vous parler de quelque chose que la plupart des gens n'associent pas à ma personne: Woody Allen.
Certes, ceux qui me connaissent savent déjà que mon cœur balance vers des films à la mise en scène plus "tonique" (promis bientôt ma critique de Thor, et sitôt qu'il sort, celle de transformer 3).

Comme l'indique le titre de ce billet, nous parlerons ici du dernier film que nous livre Woody: "Minuit à Paris".
Fermez les oreilles, ouvrez les yeux, lisez et plantons le décor (petit musique de jazz lancinante) :
Gil et Inez sont fiancés, américains de passage a Paris, il profite des largesses des parents (et du poste à Paris du père) de cette dernière qui sont les archétypes du riche couple d'américains, tels que le monde entier se les imagine : de droite (républicain), sympathisant des tea party... Le père est un cadre très haut placé et la mère... et bien son seul devoir en dehors de ceux conjugaux semble être de maintenir un style de vie en dépensant les milliers de dollars que gagne son mari.

Inez, leur fille, semble habituée et approuver ce partage des tâches et on devine aisément que c'est l'avenir qu'elle se trace avec son futur époux Gil.
Gil, parlons donc de lui, le futur mari. Lui au final, c'est un rêveur, une âme poète. Scénariste à Hollywood, il gagne bien sa vie mais son rêve est de faire des romans, de côtoyer des peintres, des romancier et autres artistes. Humaniste dans l’âme, il n'est pas apprécié par ses beaux parents qui ne voient en lui qu'un "socialiste" (une insulte à leurs yeux). Il aimerait vivre comme un artiste de ses œuvres mais n'a pas le sentiment que son travail à Hollywood ait quoi que ce soit d'artistique. Du coup, il se morfond en réécrivant éternellement son premier roman, à jamais insatisfait car il passe son temps à se comparer, lui et son roman, à ses maîtres à penser.

Donc tout ce beau monde est à Paris et rencontre un couple d'amis d'Inez qui était aussi de passage ici. Les deux jeunes couples commencent à faire quelques sorties ensemble mais très vite Gil essaye de s'isoler, n'en pouvant plus du caractère pédant et "Mr-parfait-je-sais-tout" de Paul (le mec de l'autre couple, qui est un ancien flirt de fac d'Inez, histoire de rendre le tableau parfait).

Au terme d'une dégustation de vin, Gil (un peu pompette) décide de rentrer directement a pied jusqu’à l'hôtel plutôt que d'aller en boite avec les autres...
Gil marche dans paris dans la nuit, se perd forcément, et là une vielle peugeot s’arrête devant lui... et allez voir le film pour la suite

Ce film m'a beaucoup plus et j'avoue que j'avais peur de tomber juste sur une carte postale de 2h sur Paris. Mais non pas du tout (du moins pas tant que ça). On y découvre des acteurs très bons, une lumière très belle et une histoire qui nous parle du doute, de rêves, de la nostalgie fantasmée d’époque que l'on a pas vécue. Le scénario est très sympa avec une toute petite pointe de fantastique et d'humour, le tout très bien servi par des acteurs qui jubilent de jouer leur rôle (et je les comprends!).
Je n'ai pas souvent vu de films de Woody Allen mais celui-ci est, je pense, un des meilleurs que j'ai vus.

Seuls deux bémols:
1/ l'intro...
Il faut résister au 5 premières minutes qui ne sont qu'une énorme carte postale de Paris où s’enchaînent des plans larges de la ville et ses coins "pittoresques". Alors je comprends que ça peut passer auprès de gens qui ne sont jamais ou rarement allés à Paris, mais pour un natif, être dans une salle de cinéma pour voir des images de ce qu'on a dehors... non je peux pas...
2/ Marion Cottillard...
J'en ai marre de la voir tout le temps... je commence a faire une overdose, le pire est qu'elle plutôt bonne actrice (mais pas la meilleure du casting, loin de là) mais, parce que elle est la french-girl du moment, les réalisateurs se sentent en devoir de se la passer les uns les autres. Pourquoi tu fais pas une pause Marion? T'as des dettes? Les réalisateurs t'ont piqué ton passeport en maintenant tu es leur esclave cinématographique? Sincèrement, autant pour nous que pour toi, calme-toi et retourne faire un peu de série télé ou de théâtre, mais après un congé sabbatique.

samedi 30 avril 2011

Incendies

Si vous avez aimé Valse avec Bachir, que vous vous trouvez d'humeur un peu trop guillerette, ce film est fait pour vous.

A la mort de leur mère, originaire du Liban, deux faux-jumeaux canadiens se voient investis d'une étrange mission: retrouver leur père, qu'ils croyaient mort pendant la guerre du Liban (oui, celle relatée dans Valse avec Bachir) et leur frère, dont ils n'avaient jamais entendu parler.

Malgré leur relation conflictuelle avec leur mère, ils accèdent à son souhait et tentent de retracer son parcours à travers cette terrible période, levant le voile sur sa jeunesse dont ils ignoraient tout.

A travers cette quête personnelle, c'est l'histoire douloureuse du Liban que l'on revisite, grâce à un film au scénario bien construit, aux acteurs très convaincants et à la photographie travaillée. Cependant, le coeur de l'histoire implique un personnage au destin cruellement tragique, personnification du Liban de cette époque et cela risque de vous plomber le moral pendant un bon bout de temps.

Bref, un film très bon mais très dur, qu'il vaut le coup d'aller voir mais en y étant préparer.

Verdict: si je voyage dans le passé, je me l'offre en DVD, pour permettre à mes co-spectateurs de se faire des pauses kawaï entre deux.

lundi 11 avril 2011

Rubber

Ou quand Christine rencontre Electroma.

Pour ceux qui ne se souvienne pas de leurs jeunes années, Christine est un roman de Stephen King, adapté par la suite à l'écran, où une voiture, surnommée Christine, possède un embryon de conscience et des pouvoirs de régénération à la Wolverine, et, comme toute personne avec un cerveau sous-développé, a un certain penchant pour la violence.

Pour Electroma, c'est là.

Et ben Rubber, c'est au milieu: c'est l'histoire, dans le désert, d'un pneu atteint d'une frénésie destructrice graduelle (bouteille en plastique, puis en verre, scorpion puis lapinou puis... être humain!).

Oui un pneu tueur en série. Et qui possède des pouvoirs psychiques aussi, pour faire exploser des trucs. Un pneu qui aime prendre des douches dans des motels sordides, dans le désert. Désert magnifiquement bien filmé, servi par une belle photographie et des acteurs pas mauvais, pour raconter l'épopée et la métamorphose de ce pneu...

Un pneu pourtant sans histoire à la base...et c'est là que le bât blesse: le film est lui aussi...sans histoire. A vouloir la jouer décaler genre "je fais un film dans le film sur le film", ça manque de pêche, même si la façon dont les spectateurs dans le film se comportent est une métaphore évidente de l'indifférence générale qui résulte de la spectacularisation de la société, par exemple.

Bref, c'est un film unique, une chose pas commune et que vous ne verrez pas chez tout le monde.  Et mes comparses de visionnage de répondre, tels Pierre Mortez: "Mais j'espère bien, Thérèse, j'espère bien". En effet, sur les 4 que nous étions dans la salle, je fus le seul à apprécier, les autres s'étant au mieux ennuyer.

Verdict: si je voyage dans le passé, je me le prête en DVD, pour le regarder tout seul dans mon coin, une fois ou deux, pas plus.

dimanche 10 avril 2011

Rango

J'abondais encore récemment dans le sens de mon ami le schtroumpf grognon qui me disait, verbatim "Moi, j'aime pas les Western". En effet, moi non plus je suis pas fan de ces films du far west où pleuvent les pruneaux, s'écharpent les bandes de gâteux et couinent les amants (à ne pas confondre avec le pays du phare ouest, où il pleut, avec ses gâteaux aux pruneaux, ses écharpes à bandes et ses kouigns amann).

Mais là, c'est différent.

Rango, c'est un western qui certes respecte les codes du western, mais qui le fait de façon délicieusement décalée: les bons, les brutes et les truands sont des animaux, ils ne se battent pas pour quelque dollars de plus mais pour quelques gouttes de pluie, leurs chevauchées fantastiques sont à dos de dindes et leur horde sauvage est une meute de taupes...même le nom de notre héros, Rango, est un hommage. 

L'histoire donc: un caméléon se retrouve, après un accident de la route causé par un tatou (suivez mon regard...), perdu en pleine vallée de la mort. Sa rencontre fortuite avec ce tatou le propulse dans une quête initiatique. Cette quête le conduira dans la ville de Dirt, menacée par la soif, les faucons, les vrais...habitants, les bandits et l'avarice...bref, une ville du Far West qui a ardemment besoin d'espoir et d'un shérif. Rango, dont l'imagination fertile a toujours été confinée par son terrarium, décide de se tailler un costume de héros sur mesure, qui le place par contre malgré lui dans le rôle du sauveur attendu par la ville en déréliction: mais n'est-il pas entrain d'enfiler des santiagues trop grandes pour lui? Sera-t-il capable de répondre aux attentes de la ville, ou sa duplicité ne fera-t-elle que précipiter la chute de Dirt?

Le tout est servi avec une qualité graphique parfaitement sublime: pour ceux qui n'auraient pas vu l'affiche ou la bande annonce, ou qui pourraient toujours penser, à leur âge, que ce sont des animaux dressés qui jouent tous les rôles et déclament leur texte, désolé, spoiler, mais non, tout est en 3D et de la meilleure facture (à part une ou deux incrustations de 3D dans des scènes filmées).

En résumé: un western classique, au scénario prévisible, mais léger, comique et très divertissant, magnifiquement servi par une 3D hors paire et un très bon doublage (dans la version originale en tout cas*).

Verdict: si je voyage dans le passé, je m'invite au ciné pour aller le voir!

* Mesdemoiselles, c'est le beau Johnny Depp qui prête sa voix à notre caméléon éponyme, ce qui est probablement la raison de tous les clins d'oeil à ses films (Las Vegas Parano, Arizona Dream, Lost in la mancha...)

mercredi 23 février 2011

Mes amours coupables avec Jane Austen III. Emma

Encore de la littérature anglaise romantique. Je vous entends soupirer... Je profite de ce moment pour lancer un appel désespéré : quelqu'un d'autre aime t-il Jane Austen de ce côté de la Manche? Je me sens très seule.
Cette fois-ci, nous abandonnons la petite bourgeoisie et ses préoccupations bassement pécuniaires pour nous percher en haut de la pyramide sociale de Highbury. Emma est trop gâtée; par sa famille tout d'abord, qui la voit parfaite et accomplie, par la nature ensuite, qui en a fait une jeune fille belle, riche et intelligente. Cependant, elle s'ennuie un peu tout en haut de son échelle sociale maintenant que sa gouvernante s'est mariée. Il lui faut une occupation. Celle-ci est vite trouvée : persuadée d'être en grande partie responsable de l'heureuse union de sa gouvernante, Emma décide d'employer ses talents de marieuse pour faire le bonheur de son entourage. Elle s'en occupe d'autant mieux qu'elle-même ne désire absolument pas se marier et qu'elle est plus pragmatique que passionnée. Ce qu'elle aime, c'est l'intrigue. Ensuite, il lui faut se trouver une compagne qui soit à la fois agréable, d'un rang acceptable (notion assez complexe, très prégnante dans le roman) et qui ne lui fasse pas trop d'ombre; parce qu'on a beau avoir bon cœur, les filles, ça garde un côté territorial. Celle-ci tombe du ciel en la présence d'Harriet, jolie et (un peu trop) simple, enfant naturelle, élevée dans une pension de bonne famille. Emma joue les démiurges : elle présentera la jeune fille à la meilleure société et en fera une demoiselle digne d'un gentleman. Dans sa chambre, la maîtresse de Hartfield fantasme la vie des autres, décortique des tas de scenarii et invente une multitude de stratagèmes. Mais voilà, n'est pas Dieu qui veut. Les plans d'Emma se finissent en déconvenues, malentendus et autres catastrophes mondaines. Et, quand un jeune homme bien né et un peu fanfaron apparaît à Highbury, Emma commence à se remettre en question.
Jane Austen explore une fois encore les transitions qui mènent de l'enfant à la femme, cette métamorphose semblant devoir aboutir de manière systématique au mariage. L'héroïne évolue en procédant par essai-erreur et en faisant face à ses sentiments enfouis. Une des grandes forces de Jane Austen est l'intemporalité de ses caractères. Il paraît que le fameux Bridget Jones s'inspire de « Orgueil et Préjugés ». De la même manière, Emma pourrait facilement se transposer en reine du lycée (sans le coté pimbêche). J'ai apprécié l'adaptation de 1996 avec Gweneth Paltrow dont le cou de cygne sied parfaitement à la noblesse anglaise. Je déplore par contre la coupe de cheveux « paille de carotte » ridicule qu'on a collé à Ewan Mc Gregor.
Si Jane Austen est très moderne pour certains aspects, d'autres sont très profondément inscrits dans leur époque. Ceux-ci apparaissent quand on compare la version cinématographique au roman (attention spoil). Un exemple frappant est quand Harriet finit par épouser un simple paysan. Dans le film, Emma se réjouit malgré tout, même si elle s'opposait au départ à ce mariage. La morale en filigramme pourrait être « peu importe la position sociale du mari tant que Harriet est heureuse ». Dans le livre, l'annonce des fiancailles d'Harriet accentue la prise de distance entre les deux jeunes filles et on pourrait y lire un « et chacun finit à sa place » très pré-victorien.

lundi 14 février 2011

Mr Nobody ou l'homme de Schrödinger



« On rate toujours au moins une vie dans une vie » me disait philosophiquement un ami, lors d'une soirée bien arrosée. Ou bien était-ce une pause café-cigarette? … bref, à un moment d'intoxication quelconque. Effectivement que se serait il passé si j'avais fait un master à l'étranger? Si j'avais envoyé balader parents et prof de math pour partir en 1L avant de me laisser pousser des dread lox et me lancer dans le théâtre? Si j'avais décidé de ne pas sortir en boite ce soir là évitant une foulure de la cheville/ la rencontre avec un futur ex-mari? Les vies et les moi possibles se développent à l'infini.



Ne plus faire de choix et explorer toutes ces voies. C'est la décision que prend Nemo Nobody à 9 ans quand on lui demande de faire un choix impossible : partir avec sa mère ou rester avec son père. On retrouve Mr. Nobody la veille de sa mort, fripé comme une vieille prune. Il est alors le dernier mortel, perdu au milieux d'individus botoxés jusqu'aux sourcils, qui perdent la notion de la mémoire, tout ému qu'ils sont d'être devenu éternel (je sais, cette phrase est beaucoup trop longue). Des psychiatres monotones et des journalistes tenaces tentent de comprendre l'histoire de Nemo. Mais ils se perdent dans le patchwork infini de ses souvenirs, de toutes ces vies qu'il a décidé de non-choisir et d'accepter : des belles histoires d'amour aux destins les plus sordides, de la richesse à la mendicité, de la passion à l'ennuie... Mr Nobody navigue dans la mémoire, sans que l'on puisse déterminer s'il s'agit de fantasme, de réalité ou de fiction.

C'est un film beau et complexe, à la frontière entre SF, drame et surréalisme. Assez décousu au premier abord, j'ai vite renoncé à tout replacer dans des suites logiques pour me laisser porter par la poésie et la diversité des concepts abordés. On évoque la physique kantique, l'amour et le cerveau, l'inné et l'acquis... La mise en scène est impeccable, mais je donnerai peut être plus de détails en commentaire, ne voulant pas gâcher ici le plaisir de la découverte. Enfin, les acteurs sont bons -et je suis partiale étant notoirement insensible aux grands bleus de Jared Leto-. Spéciale palme aux jeunes acteurs, tous excellent. Seul hic, le rythme est parfois un peu trop lent, se laissant couler dans la mélancolie.

Je le rangerai dans mon étagère à coté du fantastique « Eternal Sunshine of Spotless Mind ». Même s'il lui manque le coté tonique et drôle de ce dernier (et il faut bien avoué je suis amoureuse de Clémentine), Mr Nobody est un film novateur, atypique étrange, et évocateur.

http://www.imdb.com/title/tt0485947/

dimanche 13 février 2011

Black Swan

Du cygne blanc au cygne noir ou la transformation d'une jeune fille pure, naive et douce à la recherche de la perfection en sombre séductrice.
C'est un film de Darren Aronofsky (Requiem for a dream, The Wrestler) avec Vincent Cassel (fidèle à son rôle de grand brun ténébreux) et Nathalie Portman (dans le rôle de la jeune fille). Bien dans la lignée de son réalisateur.
L'histoire est celle d'une jeune danseuse à la recherche du rôle qui la rendra célèbre.
C'est l'élève parfaite, image de ce que sa mère étouffante aurait rêvé d'être.
La saison débute avec le Lac des cygnes, la danseuse qui avait le rôle principal jusqu'à présent est forcée à prendre sa retraite. La compétition commence pour la remplacer et la technique parfaite de Nina se retrouve alors confrontée à la spontanéité de Lily la nouvelle recrue sous le regard sévère du metteur en scène Thomas.
Pour obtenir le rôle Nina doit découvrir et dévoiler son côté sombre. Le film oscille entre la réalité et le fantastique dont on ne sait pas si il existe vraiment ou s'il est la seule imagination de Nina qui sombre dans la folie.
Un film oppressant (certaines scènes mettent même mal à l'aise) mais beau et très psychologique.