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jeudi 27 octobre 2011

Maliki

Maliki, au départ petit webcomic créé par un jeune infographiste, est en train de devenir une série de BD culte !

Pourquoi un tel engouement ?



1) Les chats !
Véritables stars de la série, au grand désespoir de l'auteur/dessinateur d'ailleurs, les deux chats qui font partie des personnages principaux sont souvent dépeints dans leurs facéties quotidiennes, provoquant une identification du lecteur envers le personnage de leur pauvre "humain de compagnie" (pour reprendre l'expression d'une amie), Maliki.

Illustration : Instinctus felis


2) Génération Club Do
Encore un point qui agace l'auteur, mais une autre raison de son succès est très certainement le style de dessin inspiré par les mangas et les nombreuses références aux dessins animés d'enfance de notre génération d'adulescents geeks.

Illustration : Otakus au taquet


3) Quotidien surréaliste
Un style d'humour que j'apprécie tout particulièrement et qui est très présent chez Maliki, c'est l'exagération surréaliste des péripéties du quotidien et des souvenirs d'enfance, laquelle entraîne à nouveau l'identification du lecteur, renforçant l'accorche des points 1) et 2).

Illustration : Poste mortem


4) Une pointe de cynisme social
La touche finale : un regard à la fois aigri et lucide sur notre espèce et les dysfonctionnements de notre société, d'où renforcement des points d'accroche 1), 2) et 3).

Illustration : Karma Express

Avec tout cela, on en oublie parfois que le personnage a les cheveux roses...


Alors, accros ?


Site officiel : http://maliki.com

BD : 5 tomes publiés à ce jour chez Ankama Editions

mardi 23 août 2011

Orgueil et préjugés et zombies


Après m'être régalée de l'original « Orgueil et préjugés » de Jane Austen (Merci encore Pangoline qui m'a mis l'eau à la bouche ici et là ), voilà que je tombe sur cette BD parodique écrite par Seth Grahame-Smith et illustrée par Cliff Richards. Mon chéri étant fan de zombies, j'ai été plus qu'intriguée et attirée et l'ai ramenée à la maison.

Les moins :
Le graphisme est plus ou moins travaillé selon les vignettes et on a du coup parfois du mal à reconnaître les personnages féminins.

Les plus :
Je suis une fan de tout ce qui est combats à l'épée version asiatique donc j'ai été servie. (en plus ce sont des femmes !)
Le graphisme est vraiment agréable.
On retrouve bien le ton féministe, ironique et novateur de l’œuvre originale.

Plus et moins :
La parodie est beaucoup plus trash et sanglante (âmes sensibles s'abstenir même si les dessins en noir et blanc rendent l'hémoglobine moins visible), on perd donc bien sûr en finesse et en subtilité. Certaines scènes et intentions des personnages paraissent alors dénaturées mais n'est-ce pas le principe de cette parodie ? ;-)

En bref j'ai bien aimé pour ce que c'est, c'est à dire une parodie et donc loin derrière le roman original. J'ai appris peu de temps après qu'en fait l'auteur Seth Grahame-Smith en avait d'abord fait un roman. J'ai beaucoup aimé la BD mais je ne suis pas sûre que ce soit au point d'en lire le roman...

Je pense que cet interview de l'auteur éclaire un peu ses intentions...


mercredi 10 août 2011

The cake is a lie!

Les aficionados du jeu vidéo l'auront déjà deviné, cette chronique est dédiée à la franchise "Portal", de Valve, la société qui nous avait déjà offert la série des Half-life et des Team Fortress Classic.


Pour ceux qui n'ont rien reconnu à cette avalanche de name dropping, dont on pourrait croire qu'il s'agit des paroles du dernier Vincent Delerm, voilà le pitch:


Portal est un jeu vidéo de type casse-tête, plus au sens puzzle qu'au sens massue de troll. L'idée est que vous devez aller de l'entrée d'une salle de test à sa sortie, mais qu'en chemin, vous devez éviter les gouffres trop larges pour les enjamber, des grilles au maillage trop étroit pour être traversé, des tourelles qui tirent à balles réelles et autres lasers tranchants. Pour vous aider à survivre: une paire de bottes qui amortissent vos chutes quelle qu'en soit la hauteur et surtout un double générateur de portail, d'où le nom.


L'idée c'est que si vous entrez dans le portail bleu, vous ressortez par le rouge et vice-versa, comme si vous marchiez à travers une porte entre 2 pièces. Du coup, ça vous permet de contourner les obstacles sus-mentionnés. 


Mais là où c'est fort, c'est que ça conserve le moment (ie le produit de la masse par la vitesse). Je m'explique: si vous quittez une pièce en courant, vous n'entrez pas dans la pièce suivante en marchant...ici, de la même façon, si vous entrez dans un portail avec une certaine vitesse, vous sortez de l'autre portail avec la même vitesse, ce qui vous permet, dans certaines configurations, de gagner de la vitesse pour vous projeter ensuite! Le trailer est super explicatif à ce sujet.


Pour vous entraîner à "penser avec des portails", vous pouvez essayer le petit jeu en Flash localisé disponible gratuitement sur le net. Si ça vous a plu, je vous conseille de jouer au reste, qui utilise les mêmes principes mais se déroule dans un univers complètement 3D, régi par le moteur de réalité physique Havok, utilisé par Valve dans ses autres jeux (cf supra). Sont disponibles Portal 1 et Portal 2, et la prequel non officielle (mais de qualité) Portal Prelude, qui se déroule avant Portal 1. Personnellement, j'ai fait Portal 2, 1 puis prélude, et c'est tout à fait faisable comme ça, mais pour mieux comprendre certaines allusions du 2, il vaut mieux commencer par le 1 (parce que oui, y'a des scénarios en plus :) ). Par contre, gardez dans tous les cas Portal Prelude pour la fin, parce qu'il est beaucoup plus difficile que les deux autres.


Jeu par jeu les points forts et les points faibles


Portal, Flash version
+ Gratuit
+ Bonne façon de tester l'univers de portail
- Graphisme sommaire
- 2D


Portal prelude
+ Gratuit
+ Scénario bien construit et salles diversifiées
- Plus de dextérité et moins de réflexion que les autres


Portal 1 (Il y a une démo jouable du 1 si vous voulez)
+ Pas cher (8,99€ en téléchargement direct via Steam, la plateform logicielle de Valve)
+ Novateur
+ Super ludique, puzzles bien conçus
- Rapide à finir en solo (moins de deux heures pour moi)
- Scénario léger par rapport au 2


Portal 2
+ Campagne solo plus longue, très bien scénarisée, au rendu graphique somptueux
+ De nouveaux éléments de jeu avec lesquels interagir (ponts de lumière, tube d'énergie, gel répulsif, propulsif etc...) et différentes époques
+ Mode coopération pour jouer avec un(e) pote
- Plus récent donc plus cher (29.99€)
- Très linéaire


Et pour finir: possibilité d'acheter le 1 et le 2 en bundle (~35€ au lieu de 39), un comics en ligne pour comprendre certaines salles cachées du 1 et du 2, les bandes-son du 2 disponible en ligne...


Bref, un univers complet, des jeux super bien conçus...du bonheur de gamer!


PS: et maintenant, vous pouvez comprender ça!

dimanche 31 juillet 2011

Univers post-apocalyptiques

Sujet du jour: les univers post-apocalyptiques. Vous avez 3 heures.

Plutôt que 3 heures, je vais prendre 3 exemples, parce qu'il semblerait que les mêmes thèmes reviennent dans ce genre de situation.
A ma gauche, une suite de romans et quelques nouvelles, écrites par un des piliers de la littérature de science-fiction du XXème siècle, Philip José Farmer: Riverworld.
A ma droite, une bande dessinée, encore en cours de production, avec plein de vrais bouts de zombies dedans (et qui a été adaptée récemment en série à l'écran): the Walking Dead.
A ma...f***... mon autre droite, une autre série télévisée: Jericho.

Petit pitch pour qu'on voit de quoi on parle ici:

  • dans Riverworld, l'intégralité de l'humanité, des néanderthaliens aux "sapiens" de 1983, quelque soit leur langue ou leur religion de leur vivant, est ressuscitée le long des rives d'un grand fleuve au fond d'une vallée encaissée. Le fleuve et la vallée zigzaguent sur la totalité de la surface de la planète. Et dans une région donnée, 80% des gens viennent de la même époque et 20% de tout et n'importe quoi, ie 80% d'égyptiens du moyen empire, plus des traders de ManHatten fin du XXème siècle, des révolutionnaires français et des néanderthaliens pour le reste...
  • dans the Walking Dead, on suit les tribulations d'un groupe de survivants américains, des inconnus regroupés par la force des chose du coté d'Atlanta début XXIème siècle, alors que (ou puisque) la quasi totalité de l'espèce humaine a été transformée en zombies.
  • dans Jericho, l'époque est la même, mais le focus est pointé sur une communauté rurale du Kansas, alors que les 23 principales villes américaines viennent d'être anéanties par des explosions nucléaires.
Planète extra terrestre, zombies et attaque nucléaires,  à première vue, les thèmes pourraient difficilement être plus éloignés (quoiqu'il semblerait que les zombies puissent avoir droit de cité chez Jane Austen). Cependant, même si l'habillage est différent, il sert à explorer les mêmes questions, ou en tout cas, de nombreuses questions communes:
  • comment évolue l'humain en situation de stress ou dans des situations auxquelles il n'a pas été préparé: devient-il un héros ou un bourreau ou reste-t-il avant tout le même. S'il change, est-ce à cause de son environnement, ou son environnement ne fait-il que révéler des comportements latents, que la civilisation actuelle avait réussi à domestiquer ou dissimuler?

  • comment évolue les interactions sociales: retourne-t-on a des systèmes tribaux ou claniques, est-il plus avantageux de créer des grands groupes ou de petites unités, sédentaires ou nomades, la démocratie reste-t-elle un système possible ou pas dans ces circonstances, la source de danger principale provient-elle de l'environnement sauvage (menace nucléaire, zombie, monstres extra-terrestres) ou des humains censés être civilisés?

  • l'arrivée dans ces histoires se fait toujours in medias res, il y a donc aussi toujours une quête du sens: comment en est-on arrivé là, qui est/qu'est la main invisible à l'origine de cette situation exotique (complot politique, expérience scientifique, phénomène religieux, catastrophe naturelle...). Les différents protagonistes sont utilisés pour tester les différentes postures de pensée: acceptation aveugle, remise en question forcenée, dénis etc...


Je pourrais donner des exemples de comment chacune de ces séries répond à ces questions, mais toutes 3 sont trop bonnes pour que je vous gâche le plaisir, alors mon conseil, plongez dedans!

PS: Il y a au moins deux adaptations série TV de Riverworld, mais comme il le fut dit à Odile Deray en son temps: "Madame, je n'écrirai rien sur votre film c'est une merde". Ben là, c'est pareil.

mardi 3 mai 2011

La marche du crabe. Tome 1 : La condition des crabes

Impossible de me souvenir où j'ai découvert la couverture de cette BD pour la première fois?
Tout ce dont je me souviens c'est qu'elle ne me donnait pas franchement envie de l'ouvrir. Heureusement cette première rencontre était accompagnée d'une critique qui par contre m'a intriguée.

Cette critique renvoyait au court-métrage "La Révolution des crabes" que voici :
http://www.youtube.com/watch?v=S6xncXA3rGM
Une très jolie fable métaphorique sur la destinée. Les personnages principaux sont des crabes carrés qui ont la particularité de ne pouvoir avancer qu'en ligne droite. Une vie bien monotone à subir la destinée qui les à fait naître à cet endroit précis, à aller et venir d'un point à un autre de leur plage, sans jamais rien découvrir de nouveau.

Pas d'idée vraiment révolutionnaire mais l'éternelle question : sommes-nous obligés de subir un destin tout tracé ? Ou avons-nous toujours le choix et donc sommes-nous « trop cons » pour penser à bifurquer, à inventer nous-même notre vie ?
Une histoire qui parle aussi de conformisme bref sur nos sociétés.
Une façon originale (métaphore des crabes) de nous rappeler ces questionnements.

Mon esprit scientifique a aussi été intrigué : ces crabes existent-ils vraiment?
Et vive internet : www.mer-littoral.org
« Pachygrapsus marmoratus
Crabe marbré
Pachygrapsus marmoratus est un crustacé qui peut atteindre 36 mm de long. Sa carapace a une forme presque carrée aux côtés convexes. Elle est à bord droit entre les yeux et présente trois dents pointues de chaque côté. Une marque longitudinale en creux est souvent visible au centre de la carapace. Sa coloration varie du brun violacé au noir avec des marbrures ocre-jaune plus marquées sur les pattes. Les pinces sont robustes et de taille identique. Le crabe marbré se déplace très rapidement sur les roches au niveau de l'estran et peut se cacher vivement dans les interstices des rochers et sous les pierres.
Pachygrapsus marmoratus se rencontre le long du rivage, sur l'estran. Présent à l'origine en Méditerranée, il est désormais signalé en Atlantique jusqu'aux côtes sud de l'Angleterre en Manche orientale. »
Conclusion : oui, ils existent, mais pas de référence à leur marche rectiligne. Bien sûr ça n'enlève rien à l'idée de l'auteur, j'aurai été épatée qu'une espèce animale ait vraiment cette caractéristique!...

Bref, revenons à notre BD, on y retrouve le film mais en couleurs et en plus développé, avec scènes supplémentaires notamment avec des humains. Et ce parallèle permanent et plus explicite entre les deux mondes (humain et animal). Cette fois la destinée immuable de nos crabes va être remise en cause par deux puis trois congénères qui vont s'associer pour changer leur trajectoire. Vont-ils réussir à changer leur destinée et l'écosystème de la plage, du monde ?
Nous ne le saurons pas dans ce tome puisque deux autres tomes vont suivre. Suivra aussi apparemment un long métrage du même nom.
http://www.lamarcheducrabe-lefilm.com/


Le dessin est simple et agréable, on retrouve chez les humains le style de Arthur de Pins (Pêchés mignons).

Arthur De Pins, La Marche du crabe, tome 1 : La conditions des crabes, Soleil, 2010.

mardi 5 avril 2011

auto bio


BD autobiographique et satirique de Cyril Pedrosa.
Le graphisme n'est pas vraiment à mon goût mais le ton et les situations m'ont beaucoup fait rire!
C'est l'histoire d'un trentenaire père de famille qui essaie d'avoir une vie engagée, respectueuse et surtout écolo. Pas facile en fait!
Cela sous la forme d'anecdotes d'une page ou deux qui se suivent et se lient très bien.
Le ton est agréable parce qu'empreint de vérité mais pas moralisateur.
En fait c'est bourré de situations que j'aurais pu tout à fait imaginer ou que j'ai vécues :

- Le propriétaire qui débarque avec le bidon de désherbant et du coup nous voilà à 4 pattes en train d'arracher l'herbe pour lui montrer qu'on peut faire autrement.
- « La voie non lactée » ou comment ne pas réussir à dire non au lait de vache et du coup aux fromages et autres dérivés ou encore au tarama ou...
- Les joies du tri sélectif ou la perplexité devant les poubelles « recyclables » et « autres » pour bien des emballages.
- Les enfants et leur franchise qui mettent parfois mal à l'aise. (Les voilà en train de réprimander un agriculteur qui brûle des pneus, de faire des remarques à d'autres membres de la famille...)
- Les réunions familiales et les confrontations (ou pas) de convictions.
- L'angoisse (mais où va la planète?!...) puis l'euphorie militante à la sortie d'un film et puis les doutes quant à comment faire passer le message.
Et j'en passe plein d'autres que je vous laisserai savourer si je vous ai convaincus.

P.S. : Merci beaucoup Nadia pour le prêt.

dimanche 13 mars 2011

Crime et châtiments

Vous avez toujours voulu lire ce pilier de la littérature russe mais la perspective de vous enfiler plus de 700 pages refroidit vos ardeurs?

Alain Korkos a la solution pour vous: une adaptation de cette oeuvre de Dostoïevski en BD.

Bien que je sois un grand fan des chroniques d'Alain Korkos sur le site d'@rrêt sur images ou sur son blog la boîte à image, je dois bien avouer que je ne suis pas enthousiasmé outre mesure par son style graphique.

L'ouvrage, édité pour l'instant seulement en anglais, offre un bon résumé de l'oeuvre, sans être transcendant.

Verdict: si je voyage dans le passé, je me conseille d'aller le lire dans un Barnes & Nobles le temps d'un Frappucino mocha.


Crime and Punishment
Dostoïevski,Korkos, Mairowitz

mardi 8 mars 2011

Lorsqu'un sentiment de vertige vous envahit...


Une de mes nombreuses passions a toujours été la bande dessinée et, plus précisément, ces dernières années, le comics. Cependant, il me semblait injuste de parler de cette passion sans parler de ceux à qui je la dois...
A mon sens, ceux qui lui ont donné ses  lettres de noblesse sont les éditions Vertigo.

Depuis sa création (et même un peu avant), cette maison d'édition est à l'origine de certaines des plus belles œuvres graphiques jamais écrites ces 30 dernières années.

La vie de Vertigo est si fortement liée à celle de son éditrice, fondatrice (et directrice depuis la fondation officielle),  il me parait normal de commencer  en racontant très succinctement la carrière de cette dernière:

En 1979, Karen Berger est une jeune éditrice qui entre à DC comics (Batman, Superman, Wonderwoman... ). Très rapidement, elle part en Angleterre à la recherche de jeunes talents. Au cours de ses pérégrinations, elle réunit un groupe d'auteurs qu'elle a dénichés elle-même ou que certains de ses collègues lui auront conseillés (c'est ainsi qu'elle met la main sur Alan Moore). Tous ces artistes marqueront durablement le monde du comics : Grant Morrison, Jamie Delanoe, Alan Moore, Garth Ennis et Neil Gaiman.

Avec cette écurie, elle va monter une nouvelle sorte de comics: plus sombre, plus mordant, mais aussi plus irréel et féerique parfois... des œuvres qui, au final, ne s'adressent plus à des enfants. D'ailleurs depuis la fondation officielle, toutes les publications sont estampillées "suggested for mature reader" (la traduction la plus proche serait: "pour public averti"). Cette fine équipe rencontre un succès fort mérité et pour éviter la confusion des genres entre sa ligne éditoriale historique et celle de cette nouvelle pépinière, DC Comics fait fonder les éditions Vertigo en 1993. La consigne pour Karen Berger:  continuer dans cette ligne éditoriale et gérer la part du catalogue de DC comics pertinente pour cette veine éditoriale (d'où le "et même un peu avant" que vous lûtes plus haut).

L'autre élément important sur cette maison mature et sans contrainte est que les œuvres sont vraiment attachées ici à leurs auteurs: une fois le titre entamé, s'il peut arriver que le dessinateur change (mais cela reste quand même rare), l'auteur, quant à lui, reste du début a la fin! Cet attachement à reconnaître l'importance de la paternité de l'œuvre est, à mon sens, ce qui fait la force de Vertigo: donner les moyens à des auteurs d' avoir la liberté d'aller au bout de leur œuvres... une sorte de mariage parfait entre le dynamisme de la bande dessinée américaine et la qualité d'écriture européenne...

Les œuvres proposées sont parmi celles qui marquent notre époque, à l'image d'un Tintin ou d'un Blueberry en leur temps, voyez plutôt:

V for Vendetta, Sandman, Watchmen, The Swamp Thing , Hellblazer, Fable, Stardust, Tank girl, Transmetropolitan, Y the last man... et j'en oublie plein d'autres!

Prochainement, je ferai quelques billets sur les œuvres qui me marquent le plus, celles que je continue à suivre... donc continuez à lire et suivez la route de brique jaune!

mercredi 23 février 2011

Logicomix


J'ai lu cette BD-ovni de 300 pages comme un bon roman, c'est-à-dire que j'ai été comme paralysé : il m'a été impossible de faire quoi que ce soit d'autre tant que je ne n'en avais pas achevé la lecture.


Alors, heu... comment décrire ça ? De nos jours : un petit groupe d'Athéniens (un écrivain, un graphiste, un informaticien, ...) se penche sur les vicissitudes des gros cerveaux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, dans leur quête pour trouver les fondements ultimes de la logique et des mathématiques.
Hahaaaa, je vous sens frémir après mes italiques (grecques) ! Et pourtant, le collectif qui a pondu cet improbable bouquin a réussi le tour de force d'éviter la migraine à son lecteur tout en le tenant en haleine, sans le prendre non plus pour un débile.

L'astuce, c'est d'utiliser le philosophe Bertrand Russel comme fil rouge : on le prend terrorisé à l'âge de 4 ans par une grand-mère-cerbère, et on l'accompagne jusqu'à son engagement pacifiste de ses vieux jours. A travers sa quête de l'ultime vérité - quête où l'on croise le génie, la folie, la guerre, le sang, le sexe et la sagesse - on rencontre quelques gros exploseurs de test de Q.I. comme Whitehead, Cantor, Gödel, Wittgenstein... et leurs pensées.
Qu'est-ce que l'infini ? Qu'est-ce que le monde ? De quoi peut-on être sûr ? La logique est-elle fille de la folie ?



Et si je vous dis qu'au milieu de ça, Athéna et l'antique dramaturge Eschyle viennent mettre leur nez... heu eh bien je ne sais pas comment finir ce billet.

Si : ce soir, c'est sûr, je m'endormirai moins con. Et j'ai envie de lire le Tractatus Logico-philosophicus de Wittgenstein.

Logicomix, d'Apostolos Doxioadis, Christos Papadimitriou, Alecos Papadatos et Annie di Donna, éd. Vuibert, 22,50€
http://www.logicomix.com/fr/

jeudi 17 février 2011

Omni-visibilis

Derrière ce titre étrange se cache une BD intéressante, qui repose sur l'idée suivante: 

qu'elle serait votre vie si tout le monde percevait ce que vous percevez, par chacun de vos sens, en temps réel?

Tout le monde voit ce que je vois, sens ce que je sens, ou se frotte la joue quand je me prends une trempe...(heureusement pour la population mondiale de ce livre, l'héroïne n'est pas Marie Trintignant)

Qui chercherait à vous utiliser, qui chercherait à vous aider, à vous éliminer ou à vous protéger, et pourquoi?

En plus de cette étonnante intrigue, le dessin a une touche unique (enfin, dans l'univers restreint des BD que j'ai lues): du noir et blanc, avec les ombres en bleu, c'est pas commun :)

Là vous vous dites, wouah, cette chronique, elle est super rapide, et vous penser, à raison, que c'est parce que votre serviteur a voulu, à dessein, faire un billet court pour une bande dessinée qui se lit en une grosse demi-heure. Ahhhhhh que j'aime un lectorat intelligent!

Sur cet échange de flatteries, je vous tire ma révérence, non sans vous donner mon désormais traditionnel verdict transtemporel:

Si je voyage dans le passé, je serais bien content que mon beau-frère l'offre spontanément à ma copine pour que je puisse le lire.

mardi 15 février 2011

Jazz Maynard, Intégrale (tome 1 à 3)

Graphiquement très réussie, au rythme soutenu, cette BD démarre bien et puis, comme les affaires, elle fait "pschitt". Je suis peut-être un peu dur : elle vaut le coup d'être lue, mais contrairement au fameux "pschitt" chiraquien, ne passera probablement pas à la postérité. 

N'allez pas vous méprendre, cette référence constante à notre grand président n'a rien à voir avec le fait que l'histoire se situe dans une Barcelone complètement corrompue, où mafieux vicieux, flics ripoux et politiciens locaux s'opposent à des mafieux éthiques, des superflics et des journalistes incorruptibles...qu'allez-vous donc penser?

Si, coté esthétique, je me suis vraiment fait plaisir, il faut bien reconnaître que l'histoire est super conventionnelle. Et, le plus dommage dans cette histoire, c'est la façon dont les auteurs ont créé leur héros: voyou issu de la fange d'El Raval, à Barcelone, qui finit cambrioleur de classe internationale, pourquoi pas. Avec un don pour la trompette, ça peut arriver. Mais quand en plus il est évidemment beau comme un dieu, doué d'une mémoire eidétique, de scrupules et d'éthique, qu'il a du chien (et des tiques?), qu'il peut se battre contre des assassins ninjas capables de retourner la mafia locale à eux 4...là ça commence à faire un peu beaucoup à mon goût.

Avec, en plus, des méchants crès crès méchants, des traitres crès crès fourbes et des superflics qui savent laisser les voyous au grand coeur s'éclipser discrètement, on a un peu l'impression de lire un Largo Winch espagnol. 

A noter que le très grand format de la BD est à double tranchant: c'est très agréable à lire mais c'est un peu encombrant. Donc si vous pouvez vous installer confortablement, les dessins de lieux, de personnages et d'action sont très léchés et vifs et rendent à merveille sur ce grand format, de même que le noir et blanc choisi pour les dessins sied parfaitement à cette univers manichéen et nerveux. Par contre, si c'est pour lire dans un petit lit douillet avec quelqu'un qui veut se blottir contre vous, mieux vaut pécho un poche.

Je le recommande donc aux fans de Largo, c'est un bon moment sans prétention, qui vaut le coup d'être lu, mais peut-être pas relu.

Verdict: si je voyage dans le passé, je me l'offre pour un anniversaire si j'ai pas de meilleure idée. 

ISBN-13: 978-2505010388

Simon's cat


Quelle n'a pas été ma surprise hier, en furetant dans une librairie, de tomber sur non pas un mais deux livres de croquis du chat le plus célèbre du web : Simon's cat ! [cf. http://www.simonscat.com]
- Diantre, mais quand sont-ils sortis ? Comment ai-je pu ne pas être au courant ? Rhaaa, il me les faut ! Courage, je peux arriver à n'acheter que le premier aujourd'hui...
C'est ainsi que je me suis retrouvée quelques minutes plus tard à pouffer de rire dans une salle d'attente, bientôt rejointe par mon cher et tendre dont les rires encore plus sonores laissaient médusées les autres personnes autour : "mais qu'il y a-t-il de si drôle dans les gribouillis qu'ils regardent ?", devaient-elles se demander.

Quelques exemples en image, ça vous dit ?