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dimanche 1 avril 2012

Collec-thés

Certains tombent dans une marmite de potion magique petit, moi c'était dans le bol de thé de ma mère, vers l'âge de 6 ans. Certes, je n'ai pas le palais délicat que l'on prête ordinairement aux amateurs du breuvage, mais j'ai une véritable passion pour les thés noirs, blancs, rouges, parfois verts ou jaunes, aux fleurs, aux fruits, au riz, fumé, etc... Et dès que je m'installe quelque part, ma quête est de trouver LE thé au caramel sans lequel aucune bonne journée ne peut commencer. J'ai depuis quelques mois en tête de me constituer ma collection parfaite de thés, à partir des 13 boites que j'ai à la maison. Voici les quelques adresses parisiennes où je furète pour accomplir cette mission :

Un coup de cœur pour la brulerie Lanni, 125 avenue de Clichy. Dans sa boutique très étroite, la propriétaire, gentille et souriante, propose thés, cafés, chocolats et autres douceurs. Elle a en particulier un thé au caramel et un thé pêche de vigne qui valent largement une traversée de Paris.

A deux pas de Beaubourg, Lapeyroni offre 65 variétés de thés, plus parfumés les uns que les autres. C'est aussi une bonne adresse pour déguster un café, avec les conseils du torréfacteur.

Plus connu, Dammann frère propose des mélanges fameux comme «Paul et Virginie» ou «Charlotte au chocolat», des grands classiques de qualité dont un thé au jasmin qui sent divinement bon. Il y en a pour tous les nasaux et toutes les bourses. On retrouve leurs boutiques rue Mouffetard ou cours saint Emilion et leur produits dans de nombreux salons.

Très accessible, le Palais des thés possède une très large gamme; difficile de ne pas y trouver son bonheur. On peut varier les plaisirs autour de classiques comme l'Earl Grey qu'ils déclinent en blue of london, grey flower, mais aussi en thé sencha ou rouge. J'ai un gros faible pour leur genmaicha.

Enfin, l'ultra chic mariage frère. C'est beau, c'est bon, mais c'est un peu guindé pour moi. Cela dit, ils ont vraiment des thés verts parfumés fantastiques, comme le Russian star.




samedi 5 mars 2011

Bière testing tome I : rencontre de culturophages, matériel et méthode.


L'ABUS D'ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTE

Voici une bonne occasion de parler d'une boutique dont nous raffolons et qui a ouvert il y a peu : «Chop'In». Dans le 14ème, rue de Gergovie (M Pernety), ce magasin vend pour un prix très raisonnable des bières fines (compter 15 euros pour une dizaine de bouteilles). Il y en a pour tous les goûts : des breuvages aromatisés aux fruits rouges jusqu'à la mousse qui fait pousser du poil au torse, des belges, des françaises, des américaines, des blondes, des brunes, des rousses, des douces et des traîtres... Les vendeurs sont adorables, la boutique très agréable. Une excellente adresse pour les amateurs de bières et les curieux parisiens.
Procédons de manière scientifique (ou presque). Le principe de la soirée : les 10 bières sont emballées dans du papier journal, numérotées puis goûtées dans un ordre aléatoire. Chaque culturophage a 2 verres pour une comparaison en parallèle et peut redemander à n'importe quel moment à en regoûter une. Sa mission: choisir sa préférée et deviner les arômes. Une grille permet à chacun de désigner le vainqueur du match, de mettre quelques commentaires et une appréciation globale.

Vendredi soir, 21h : l'œil vif, l'estomac bien accroché, de jeunes culturophages courageux se lancent dans l'aventure. Dans la cuisine, une série de bouteilles, des flammeküches, des gougères, des macarons. On se saoule à la bière, oui, mais avec distinction.
Vendredi soir, 21h40: après 4 bières différentes, on commence à avoir un peu de mal à distinguer les goûts. Ce qui amène à des notations binaires en « j'aime/yak ».
Vendredi soir 22h: ça existe vraiment une bière à la viande?
Vendredi soir 22h20: bon alors le tableau commence à ressembler un peu à rien du tout. Un macaron- tasting s'enclenche en parallèle, il n'y a pas de limites à l'investigation gustative!
Vendredi soir 22h41: on réalise que l'ordre des bières changent toute la donne; certaines ne ressemblent finalement plus autant à du destop quand celle qui précède n'est pas du jus de sucre. Certains hésitent à reprendre tout le classement et tout regoûter. Ca, c'est de l'expérimentateur.
Vendredi soir 22h58: celle-là, rien qu'à la couleur, c'est de la cerise. Zut alors ça veut dire que l'autre c'était quoi. Bon, ben, faut regoûter.
Vendredi soir 22h67: l'œil un peu moins vif qu'au début, chaque culturophage recompile sa fiche avec plus ou moins de difficultés, face aux petits écarts de logiques de classement, qui ne serait finalement pas si grave si on vivait effectivement dans un univers en forme de tasse à café. Hélas, ce n'est pas le cas.
Vendredi soir 23h15: A chaque position dans le classement est attribuée un score. On rassemble toutes les données, calcule la note globale de chaque bière pour établir l'ordre final. Enfin, roulement de tambour, on découvre qui est qui.
Ce qui nous donne : suite dans la chronique suivante!

Bière testing II : les résultats.

Dans l'ordre croissant (les notes sont données sur 10):
Avec une note de 2.33 (écart type 1.51) : la Triple Karmeliett. C'est la plus amère des bières en compétition. Certains y ont perçu un goût de racine ou même de bergamote. Elle a été testée en 4ème. Cette bière belge existe depuis 1996 ; l'anecdote veut que la recette soit inspirée de la boisson des moines carmélites de Dendermonde. Sa particularité est d'avoir un degré d'alcool élevé : 8.4% (source wiki).

Avec une moyenne de 3.17 (écart type 1.72) : la Telenn Du. Presque tout le monde a reconnu une brune (certain ont rajouté : avec un goût de steak). Cette mousseuse bretonne est faite à base d'orge maltée et de sarrasin (info sur le site brasserie lancelot). Elle a été goutée en 8ème.

En 8ème position, la Bière de Miel avec une moyenne de 4.17 (écart type 3.82). Certains y ont peut être vue une ambrée, de manière générale, on y a essentiellement identifié un goût de... « bière ». Exit pour le miel que personne n'a senti. A noter que cette bière existait déjà en 1880 et jusqu'en 1920. Puis elle a disparu pendant 75 ans avant de reparaître sous sa forme actuelle . Cette une bière bio a été ouverte en 7ème (source : site des brasseries Dupont).

Tout proche, on découvre la Cuvée des Trolls avec une moyenne de 4.67 (écart type 2.8). On y a tous vu une bière blonde légère, pour certains rafraichissante, pour d'autres de la pisse d'âne. Elle titre 7% en alcool et elle est parfumée d'écorces d'oranges séchées (dixit leur site plutôt bien fait et rigolo...à noter qu'aucun culturophage n'a pensé aux agrumes). Elle fut goutée en 6ème.

Vient ensuite la Blanche Foudroyante (moyenne 5.83, écart type 2.64). On a majoritairement reconnu une blanche, parfois une blonde. Dans l'ensemble, on ne peut pas dire qu'elle ait déclenché des masses de créativité question commentaires. Elle fut essayée en 9ème. Mais nous allons revenir aux Foudroyantes.

La suite a vu le triomphe des bières aux fruits et au sucre, avec en 5ème position la Kriek Foudroyante, avec une moyenne de 6 (écart type 3.3). Elle embaume littéralement la cerise, personne ne s'y est trompé. Les appréciations vont du très descriptif «fruité» à «super». Cette bière belge a une couleur rouge très riche. Le club des amateurs de bières la qualifie de bière grand public mal équilibrée. Pour nous, elle rentre dans la partie haute du classement. Elle a été testée en dernier.

Ensuite notre première Faro : la Lindemans (moyenne 6.17; écart type 1.94). Le secret : une bière au sucre. Elle nous a bien emmêlée le palais : on a pensé framboise, miel, cassis, avec des ratures et des points d'interrogation un peu partout. Autrement dit, trouvant le sucre, nous avons chercher le fruit. Ce fut la deuxième à être ouverte.
Par contre, tout le monde a reconnu le goût très prononcé de granny de la Pomme Lindemans. Elle obtient la 3ème position au classement et une moyenne de 6.67 (écart type 2.42). Elle est légère, sucrée et très fruitée, même un peu trop pour les amateurs de «vraies» bières. Cela ne fait que 5 ans que Lindemans la commercialise, elle est inspirée des bières celtiques (source lindemans), d'où son petit côté cidre.

La médaille d'argent revient une autre création de Lindemans, la Framboise (moyenne 7.83, écart type 1.83). Le goût a bien été identifié par tous les culturophages. Sa couleur est somptueuse.

Je vous sens frémir d'impatiente alors qu'approche le verdict final. Roulement de tambour bis.... la gagnante est …. la Faro Foudroyante. Toujours dans les bières au sucre, celle-ci ne présente plus aucune amertume et a été décrite comme plus rafraichissante que la Faro lindemans.
Quelles sont les grandes tendances qui se sont dégagées lors de la soirée :
  1. Nous ne sommes pas des amateurs de "bières pur jus". Un seul d'entre nous apprécie les bières amères, sinon dans l'ensemble ce sont les "bières de nénettes" qui l'ont largement remportées;
  2. Il n'y avait pas de biais statistique purement lié aux expérimentateurs (test de Friedman, p=0.94)
  3. Les plus matheux auront remarqué que les seuls les extrêmes ont des écarts-types réduits. En effet lorsque l'on réalise un test statistique de Friedman, on se rend compte que la seule différence significative dans ce classement distingue la Faro Foudroyante de la Karmeliett, c'est à dire les deux extrêmes du spectre de l'amertume (p=0.01).
  4. D'ailleurs, la Karmeliett a été testée juste après la Faro. Regoûtée plus tard, la Karmeliett a retrouvé quelques adeptes, comme quoi l'ordre du test a probablement largement influencé le classement.
  5. Les macarons dans n'importe quel ordre, c'est bon.

Je sens poindre la question de l'échantillon. Et bien non ce n'était pas que des nanas : il y avait 2 garçons pour 4 filles et un témoin négatif qui n'a que senti les bières. C'est une fille qui a le plus apprécié les bières amères alors que les garçons avaient élu n°1 la Faro Foudroyante ou la Lindemans Framboise. Autant pour les stéréotypes.

Pour de plus amples informations houblonesques:
et enfin le site de Chop In : http://www.futsetbieres.fr/

Les Culturophages

samedi 12 février 2011

Les bonnes bouteilles


En France, la cuisine et la boisson font partie de la culture: il me semble donc normal d'en parler ici...

Alors, ce billet n'est pas une incitation à la consommation d'alcool, mais plutôt une invitation, un soir où, d'un échange de regards, vous portez votre dévolu sur elle.

Tout de suite, ces bouteilles de très vieux rhum Dillon sont de très grande qualité et sacrilège à celui qui voudrait en faire des mojito (qu'il soit pendu!).
Elle se boit à température ambiante voire avec quelques glaçons. On en boit un verre ou deux pas plus, et on la range pour une prochaine soirée. Il est dur d'apprécier des alcools forts tant les bouteilles premiers prix sont âpres et sans subtilité, celui-ci a l'avantage d'être doux pour un rhum et enivrant, s'étant imprégné de l'arôme des fûts de chêne dans lesquels il a vielli pendant dix ans.

Voilà, je ne pense pas que la loi me permette de vous dire ou précisément l'acheter, je vous dirais donc qu'on le trouve dans certaines enseignes de grande surface.
Seul petit hic: pour le prix, comptez entre 22 et 30 euro la bouteille.
Voilà c'est dit et n'oubliez pas

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, consommez en avec modération!

Vous pouvez aussi adopter ma devise personnelle dans ce genre de cas:
Boire moins, mais boire mieux!