dimanche 25 septembre 2011

La piel que habito

Un film de Pedro Almodovar d'après le roman Mygale de Thierry Jonquet. 
Synopsis : Depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu sauver son épouse. Douze ans après le drame, il réussit dans son laboratoire privé à cultiver cette peau : sensible aux caresses, elle constitue néanmoins une véritable cuirasse contre toute agression, tant externe qu’interne, dont est victime l’organe le plus étendu de notre corps. Pour y parvenir, le chirurgien a recours aux possibilités qu’offre la thérapie cellulaire. Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert une femme cobaye, un complice et une absence totale de scrupules. Les scrupules ne l’ont jamais étouffé, il en est tout simplement dénué. Marilia, la femme qui s’est occupée de Robert depuis le jour où il est né, est la plus fidèle des complices. Quant à la femme cobaye… 

Des personnages complexes et bien joués, fidèles au style d'Almadavar. 
Une histoire irréelle où un homme met en pratique ses désirs les plus fous. 
Une réflexion sur l'enfermement, l'identité, la folie... 
Un film qui m'a laissé une impression un peu dérangeante et glauque mais mérite d'être vu. 
Par contre n'y allez pas pour vous remonter le moral !

samedi 17 septembre 2011

Portal, again

Vous vous souvenez, Portal, je vous en avais déjà parlé ...

Juste une petite brève pour ceux qui hésitaient toujours à franchir le pas de jouer à Portal: Valve le rend gratuit au téléchargement jusqu'au 20 septembre! (Et ce, sans rire, à des fins éducatives, le détail de l'initiative ici)

Et pour Portal 2, les résultats du concours de clip pour la chanson des National (Exile Vilify) sont dispo...certains de ces clips réalisés par des amateurs sont d'une incroyable facture, et pourtant gratuits! C'est là.

And don't forget...the cake is a lie!

vendredi 16 septembre 2011

Bref

Bref est la nouvelle série courte de Canal+ qui raconte à tout le monde, et à la première personne, les aventures ordinaires d'un homme moyen: passer un entretien d'embauche, draguer une fille, aller chez le psy etc...

Bien que ça ait l'intensité scénaristique d'un blog BD à la Pénélope Jolicoeur pour , elle se regarde avec plaisir tant c'est raconté de façon drôle et dynamique, filmé avec punch comme un clip, et bien joué par le narrateur (qui est aussi acteur, co-réalisateur et scénariste a priori).

En bref, Bref est une bonne série, dispo sur le net pour ceux qui n'ont pas de télé.
http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3848-c-bref.html

dimanche 4 septembre 2011

Quelques lectures de cet été

Et oui, les vacances s'achèvent, ce merveilleux moment pour lutter contre la pile de bouquins qui s'empilent sur les étagères. Quelques livres dont je n'ai pas eu le temps de parler :


L'erreur est humaine : très très drôle. Woody Allen écrit avec beaucoup d'humour, de tendresse et d'acidité. Ses nouvelles prennent place dans des mondes un peu décalés qui font ressortir les défauts et les névroses qui sont les nôtres... enfin plutôt les siennes... mais qui nous font beaucoup rire.



Vie et mort de la population mondiale : on entend un tas de chiffres effrayant à propos de l'évolution de la population de la Terre : d'ici 2050, nous serons 9 milliard, la planète ne tiendra pas à ce rythme... Effectivement, c'est angoissant. Ce livre, écrit par Hervé le Bras, directeur du laboratoire de démographie historique de l'EHESS, replace ces chiffres dans une science : la démographie. Comment ces prévisions sont-elles construites? Existe-t-il plusieurs modèles? On comprend que derrière une notion abstraite (population mondiale) se cachent d'autres problèmes plus précis (ex : quid de la part de l'agriculture dévolue au carburant/alimentation humaine; la baisse de fécondité estelle partout la même...). Un livre très bien écrit et très intéressant, même pour un néophyte comme moi.


La plus belle histoires des plantes : une catastrophe! En fait, je me suis arrêtée très vite. Ce bouquin parle de l'évolution des plantes. Le style interview est désagréable. Ensuite, il est bourré d'inexactitudes, voire il est tellement mal écrit que l'on comprend certaines choses de travers (genre : les plantes et les animaux évoluent, mais pas les bactéries : hé banane, comment on arrive aux souches multi-résistantes?). Il n'y a pas une page où je n'ai pas froncé les sourcils (je suis peut être injuste, n'étant pas non plus une spécialiste d'évolution végétale et ne l'ayant pas terminé, mais vraiment... c'est mauvais). A ne PAS lire.


Cro-magnon toi même : celui-là par contre est très chouette. On a tendance à penser que l'évolution s'est arrêtée avec l'homme et que nous avons substitué la raison aux nécessités de la survie. Que nenni, il reste bien en nous une petite part de cro-magnon, qui pourrait expliquer bien des choses. Michel Raymond, biologiste de l'évolution, pose des questions d'apparence légère comme : pourquoi y-a-t-il de plus en plus de myopes? Pourquoi la crise de l'adolescence? Comment adapter notre régime alimentaire à notre génome? Tout ça de manière claire et ludique. Des tonnes d'illustrations fascinantes sur l'évolution de notre espèce.




La série des True Blood (la communauté du Sud): oui! J'avoue! Et j'ai aimé. Les scénarios sont peut être mieux construits que pour la série, vu que l'auteur n'a pas l'obligation de finir sur un cliff-hanger (paroxysme de suspense) toutes les dix pages. Toutefois, c'est centré sur Sookie, et on perd des personnages jubilatoires comme Lafayette. Pour les fans.



Chrono-minets : pour (re)découvrir Asimov. Ce patronyme évoque de longs space-opéras (Fondation) ou des romans sur les Robots. C'est oublier qu'à ses débuts, Asimov écrivait de petites nouvelles, pour des revues spécialisées de SF afin de financer ses études de biochimie. Chrono-minets reprend certains de ces titres, réunis pour une première ré-édition dans les années 60-70 avec des notes de l'auteur (on sent une inflation de l'ego, mais en même temps, il a de quoi). Les nouvelles sont inégales, mais certaines sont des perles de SF, datant d'avant la seconde guerre mondiale et les commentaires d'Asimov permettent de mieux se représenter sa vie à cette époque. A lire comme des friandises.

mercredi 31 août 2011

Un secret vosgien bien gardé


Culturophage gourmand, gourmet et carnivore, je suis ici pour dénoncer un complot honteux ourdi contre ton palais délicat et ton estomac affamé de découverte: dans les lointaines et montagneuses forêts des Vosges se cache l'un des plats les plus savoureux de l'hexagone. Pourtant qui a jamais entendu parlé de « pièce fumée »? Hein! Hein??! Voilà! Comme si en Quercy, on avait décidé de se mettre de coté le foie gras (certes qui serait une invention juive, à voir cet excellent Ted talks), comme si les japonais avaient jalousement conservé leurs sushis, comme si la pomme de terre n'avait jamais traversé l'atlantique. Pourtant leurs voisins alsaciens ont bien exporté leur choucroute, avec toutes les conséquences post-digestives déplorables qu'elle engendre, mais je soupçonne que c'était pour mieux détourner l'attention de ce secret culinaire. Car rien que son fumet me ferait saliver autant que tous les sujets de Pavlov réunis et c'est l'une des raisons qui me garde de devenir végétarienne pour de bon.
De quoi s'agit il?
D'épaule ou palette de porc fumées et légèrement saumurées.
Comment cela se prépare?
Le plus simplement du monde, on balance la viande, quelques légumes (carottes, navets, patates) et quelques aromates (laurier, quelques clou de girofle plantés dans un oignon) dans une cocotte minute, on recouvre d'eau, on referme et on attend. Plus on attend, mieux c'est; et alors que la cuisine embaume, l'attente se transforme en exercice de maîtrise de soi sialagogue. Quand la viande tombe toute seule de l'os (après au minimum 2 heures, mais les plus stoïques peuvent faire durer la torture jusqu'à 4h et plus), c'est parfait. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, cette viande n'est pas grasse. Le bouillon peut être réutiliser à loisir pour faire cuire de pâtes, préparer des soupes...
Ô rage, ô désespoir, je n'ai jamais croisé de pièce fumée sur les étals des boucheries parisiennes et me contente d'en récupérer quand je vais faire un tour dans les Vosges. Mais si jamais la chance vous sourit, n'hésitez pas!
La photo vient de

lundi 29 août 2011

Après Emily, Charlotte


Continuons dans notre lancée victorienne.

Jane Eyre, publié en 1847, est l'un des romans anglais les plus populaires et étudiés de nos jours. Jane, orpheline, passe une enfance malheureuse. Elevée chez une tante qui la traite comme une inférieure et martyrisée par ses cousins, elle finit par se rebeller. Elle est envoyée dans une pension pour jeunes filles pauvres, Lowood, où l'éducation est stricte et les conditions sanitaires déplorables. Cependant, après qu'une épidémie décime la moitié du pensionnat, les conditions de vie s'améliorent sensiblement. Jane devient un modèle victorien de jeune fille, modeste et appliquée, lissant son caractère rebelle et impétueux. Elle passe 8 ans à Lowood et finit par y tenir le rôle de professeur. Elle a 18 ans quand elle décide de se frotter au monde et d'accepter un poste d'institutrice auprès d'Adèle, la pupille d'un certain Rochester. Sa vie se déroule paisiblement jusqu'à ce que le maître des lieux fasse irruption à Thornfield. L'attirance de Jane pour Rochester, un homme sauvage et solaire, se développe peu à peu malgré leur différence d'âge (il a 20 ans de plus qu'elle) et de conditions sociales (il est riche, elle est pauvre). Cependant, une menace plane sur Thornfield, tout d'abord en la présence de Blanche Ingram, belle et de bonne famille, que Rochester semble vouloir épouser; mais surtout, le château abrite un secret. On entend parfois un rire terrifiant, venant d'appartements fermés à clef et Grace Poole, la servante qui y loge, est pour le moins étrange. Jane Eyre est une nuit réveillée par ce rire maléfique et trouve la chambre de son maître incendiée. Malgré cela, Grace Poole n'est pas inquiétée...

Si ce mélodrame est bien construit et se lit agréablement, je ne comprends pas trop pourquoi ce roman a eu tant de succès. Le style est inégal (la fin est bien mieux écrite que le début) et les personnages finissent par « rentrer dans le moule ». D'après les analyses que j'en ai lues, une clef de ce roman est le fait que Charlotte confronte des valeurs sincères (amour profond; vrai sentiment religieux) et des « masques » (amour de convenance, mariage de raison, appariement convenables entre des jeunes gens de même classes sociales...; lois religieuses). Si certains tabous (la bigamie, les relations parents-enfants, les conditions de vie dans les pensionnats, les barrières de classes) sont abordés, on est loin du tumulte enragé et des sentiments destructeurs des Hauts des Hurlevents. C'est un peu comme comparer une meute de chihuahua avec la chevauchée de Walpurgis. Attention, ça ne signifie pas dire que je ne l'ai pas lu d'une traite pour autant. Surtout, il donne une vision assez effarante de la position féminine de l'époque. Ainsi la description d'Adèle adulte, devenue une compagne idéale : "obligeante, docile, de bon caractère et sérieuse" résume bien les qualités qu'on attend d'une femme!

Charlotte s'inspire de sa propre existence. Le physique de l'héroïne en témoigne : petite (le cercueil de Charlotte Brontë mesurait 1m45), ses traits fades et irréguliers. Ensuite, il y a Rochester, un hybride entre Branwell, le frère débauché (ce qui rappelle les écarts de conduite de Rochester pendant sa jeunesse) et Constantin Heger, le pédagogue bruxellois et marié, dont Charlotte tombe désespérément amoureuse. On retrouve les thèmes de la déception sentimentale, de la séparation, de la différence d'âge et de statut, de l'homme inatteignable. Tout donne l'impression que Jane Eyre est une façon de vivre par procuration cet amour impossible.
Ci dessus un portrait de Charlotte, d'après description (sur Wiki)
A noter pour les adaptations cinématographique une version en 1996 avec Charlotte Gainsbourg dans le rôle de Jane Eyre (choix judicieux) et Anna Paquin (ouioui, la jolie blonde de True blood) qui incarne l'héroïne jeune; et une version vaudou librement inspirée en 1943 (I walked with a zombie).

Surtout après tout çà, je conseille « L'affaire Jane Eyre », le roman loufoque de Jasper Fforde!

mardi 23 août 2011

Orgueil et préjugés et zombies


Après m'être régalée de l'original « Orgueil et préjugés » de Jane Austen (Merci encore Pangoline qui m'a mis l'eau à la bouche ici et ), voilà que je tombe sur cette BD parodique écrite par Seth Grahame-Smith et illustrée par Cliff Richards. Mon chéri étant fan de zombies, j'ai été plus qu'intriguée et attirée et l'ai ramenée à la maison.

Les moins :
Le graphisme est plus ou moins travaillé selon les vignettes et on a du coup parfois du mal à reconnaître les personnages féminins.

Les plus :
Je suis une fan de tout ce qui est combats à l'épée version asiatique donc j'ai été servie. (en plus ce sont des femmes !)
Le graphisme est vraiment agréable.
On retrouve bien le ton féministe, ironique et novateur de l’œuvre originale.

Plus et moins :
La parodie est beaucoup plus trash et sanglante (âmes sensibles s'abstenir même si les dessins en noir et blanc rendent l'hémoglobine moins visible), on perd donc bien sûr en finesse et en subtilité. Certaines scènes et intentions des personnages paraissent alors dénaturées mais n'est-ce pas le principe de cette parodie ? ;-)

En bref j'ai bien aimé pour ce que c'est, c'est à dire une parodie et donc loin derrière le roman original. J'ai appris peu de temps après qu'en fait l'auteur Seth Grahame-Smith en avait d'abord fait un roman. J'ai beaucoup aimé la BD mais je ne suis pas sûre que ce soit au point d'en lire le roman...

Je pense que cet interview de l'auteur éclaire un peu ses intentions...